Ouvrages

Hegel à l’épreuve de la Philosophie contemporaine , Paris, Ellipses, 2002 (95 p.)

Le Fil de l’identité – puissance et frivolité de l’analyse chez Hegel, Hildesheim – Zürich – New-York, Georg Olms Verlag, coll. Europaea Memoria, 2008 (336 p.)

Généralement considérée comme un moment mineur du système de Hegel, l’analyse y occupe cependant une place étrange. Cette activité qui décompose des représentations, des objets ou des concepts est à l’origine des faux départs et des faux mouvements de la réflexion : mais elle permet également de condenser les acquis de l’anthropologie, dévoilant l’appropriation du monde extérieur par un sujet vivant et connaissant. Enfin, elle offre une vue originale sur la dialectique elle-même. La présente étude accorde une attention particulière à deux paradoxes : premièrement l’analyse est d’une telle immanence qu’elle rend compte de son objet par une suite de propositions identiques, et n’explique donc rien. Deuxièmement, elle est si formelle qu’elle semble valable pour tout type d’objets, mais dénature la singularité de chacun. Il s’agit alors de voir comment Hegel justifie ces paradoxes au nom de la lutte contre les totalités indécomposables, et les déjoue : il montre en effet que l’analyse infinie ne dégage pas des caractéristiques abstraites, mais sélectionne les moments où les oeuvres rendent compte de leurs auteurs, les points où s’expriment des décisions individuelles, libres et nécessaires.

Vitesses, Paris, Hermann Philosophie, juillet 2011 (247p.)

Tout va trop vite, et de plus en plus vite, jusqu’au temps lui-même. Mais cette impression générale de vitesse absorbe sans vraiment rassembler le mouvement local, la perception de l’espace et du temps, l’expérience de l’écriture ou de la pensée. Elle risque de nous laisser aux prises avec une vitesse unique qui n’est qu’une ombre projetée par un impensé : celui de la valeur profonde de la lenteur, du repos, des racines et de la Terre. Cet essai vise à combattre cet impensé et à insister sur la pluralité des vitesses. Il défend l’idée que toute vitesse se mesure sur le fond incommensurable d’une vitesse infinie, qui n’est de l’ordre de l’expérience que si l’expérience elle-même (donc aussi l’impression de vitesse) n’est pas univoque. Contre l’attente d’une catastrophe généralisée, il entend préserver l’imprévisibilité des événements et la survenue à contretemps de chaque invention.

Derrida – La justice sans condition, Paris, Michalon, février 2013 (122 p.)

Derrida, engagé dès son enfance dans un corps à corps avec la langue et la nationalité françaises, choisit la philosophie pour cette exigence de justesse et découvre en elle l’exigence sans condition de la justice, différenciant en son nom le droit et la force qui l’institue. Indéconstructible, traçant la limite de ce qui peut se dire, la justice résiste alors aux pouvoirs des langues et des nations, se dissémine dans les lois grecques et juives, naturelles et positives, antiques et révolutionnaires, nationales et internationales.


Traduction : Derrida – La justicia sin condiciones, Buenos Aires, JusBaires, 2015 (148 p.)
Les Caractères impossibles, Bayard, avril 2014 (302 p.)

Tout ce qui rend quelqu’un vraiment unique, tout ce qui appartient à son être, au-delà de son apparence vestimentaire, physique, constitue son caractère. Le caractère est le sens que l’on donne communément à l’être singulier, et c’est pourquoi on parle tant de lui. Qu’est-ce alors qu’un caractère impossible, insupportable ? Est-ce un caractère qui se confronte à son existence forcément finie ? Ou encore un caractère sans caractère, sans qualités ? Et quelles traces laisse-t-il ? Passant en revue les traits de caractères, de la bêtise à la folie et les caractères insupportables, des invivables aux destructeurs, Jérôme Lèbre nous tend un troublant miroir. Car s’il est devenu impossible de décrire les caractères comme le faisaient Aristote ou encore La Bruyère, notre temps ne favorise-t-il pas l’émergence de ces caractères impossibles ?

Avec Jean-Luc Nancy, Signaux sensibles – entretien sur les arts, Bayard, janvier 2017 (205 p.)

Deux philosophes s’entretiennent sur la situation et sur la signification de l’art aujourd’hui : ce que son nom veut dire désormais, ce que, bien loin d’être un nom désuet, il nous donne à penser de neuf. La pensée très élaborée de Jean-Luc Nancy sur ce sujet est reprise mais aussi continuée au cours d’une discussion où Jérôme Lèbre s’interroge avec lui sur la meilleure manière de saisir l’engagement du corps sensible dans l’activité artistique et l’approche des oeuvres, la relation de l’art à la technique, à l’histoire, sa modulation en arts traditionnels et nouveaux, sa position actuelle vis-à-vis de la religion, de la politique et de la littérature.

Traduction: Señales sensibiles, Akal, 2020, trad. Francisco López Martín
Eloge de l’immobilité, Desclée de Brouwer, mars 2018 (377 p.). Nominé au prix des « Rencontres philosophiques d’Uriage »

Dans ce monde qui semble soumis à une accélération constante, où l’on ne cesse de louer la marche ou la course, nous souhaitons et craignons à la fois que tout ralentisse ou même que tout s’arrête. L’ambivalence de ce désir reste à étudier, comme ce que signifie aujourd’hui le fait de ne pas bouger.La privation de mouvement est une peine ; le droit pénal, les disciplines scolaires ou militaires immobilisent ; les accidents et les maladies paralysent ; l’accélération technique se paye en inertie dans les embouteillages ou les bureaux. Les éloges de la mobilité comme la critique de l’accélération sont passés à côté de ces situations où l’immobilité s’impose, non sans violence.Il faut redonner son sens à l’immobilisation. Car cette peine est aussi une étape, une station, impliquant le corps et la pensée. Tenir, debout, assis, dans la position du lotus ou même couché, c’est exercer sur soi une contrainte signifiante. Les « mouvements » d’occupation des places nous le rappellent, l’art également. Savoir faire halte, c’est savoir résister.

Une pensée voisine – Lectures françaises de la philosophie allemande, Hermann, avril 2018 (280 p.)

L’Allemagne n’a plus de destin. C’est ainsi qu’elle est devenue une voisine comme une autre. Mais peut-être est-elle le pays qui a le plus pensé sa destinée et celui qui s’en est le plus écarté. Peut-être est-ce pour cela qu’elle a encore quelque chose à nous dire, qui n’est pas de l’ordre de la rigueur économique. Les textes présentés ici interrogent le romantisme et l’idéalisme allemands, puis se penchent sur la lecture qu’en font les penseurs français, de Blanchot à Nancy, pour brosser une esquisse de ce qui ne peut plus être ni une importation du vrai, ni une oeuvre collective, ni un destin commun ; dans la relation avec l’Allemagne se joue plutôt la prise de distance vis-à-vis de l’oeuvre, au nom de la singularité et de l’être en commun, ou, même si notre voisine l’évoque rarement, de ce qui peut encore se nommer communisme.

Scandales et démocratie, Desclée de Brouwer,  octobre 2019 (214 p.)

De Cahuzac à Benalla, les scandales suivent le rythme du monde ou participent à son accélération. Ils se diffusent par Internet, entraînant révélations et réactions instantanées. Au point que nous ne faisons plus la différence entre le vrai scandale et la provocation artificielle.Rien ne semble alors nous arrêter, ni dans la transgression ni dans la défense des règles, qui fragilise plus qu’elle protège. Scandaliser ou se scandaliser n’est pas réservé aux extrémistes. Nous sommes tous guettés par un conformisme qui engendre à son tour des scandales financiers, humanitaires, écologiques…C’est en résistant à cette multiplication de provocations, de scandales et d’affaires que nous pourrons faire apparaître le motif de cet emballement : un désir de justice qui affirme pour tous un droit à l’existence sur une Terre fragilisée. Que des êtres singuliers fassent de ce désir un droit, c’est la condition même de la démocratie.

Directions d’ouvrages collectifs

Dissertations sur la croyance, Paris, Ellipses, juin 2003

La croyance est-elle une fonction vitale, une cause de maladie, une aide à la guérison ? Rejoint-elle, en profondeur, la foi religieuse, ou plutôt la raison scientifique ou morale ? Est-elle une tendance inconsciente ou un acte volontaire ? A-t-elle un pouvoir politique, fictionnel ou fictif ?
Les auteurs se sont donné une série de questions sur la croyance et ont proposé des réponses argumentées, qui se conforment aux règles de la dissertation.
Destiné aux élèves des classes préparatoires aux Grandes Écoles et aux étudiants préparant des épreuves de philosophie ou de culture générale, l’ouvrage offre des pistes pour aborder concrètement ce thème très riche, qui s’ancre dans les faits et s’étend jusqu’à l’infini ― ou jusqu’à l’invraisemblable.

Dissertations sur la passion, Paris, Ellipses, juin 2004

La passion est-elle déraisonnable, insensée, immorale ? A-t-elle sa propre logique, sa manière ordonnée de se transformer en passions multiples et de semer le désordre ? Désigne-t-elle seule son objet, et qu’en fait-elle ? Comment se communique-t-elle, se partage-t-elle entre différents sujets ?
Les auteurs ont dégagé une série de questions sur la passion et ont proposé des réponses argumentées, qui se conforment aux règles de la dissertation..
Destiné aux élèves des classes préparatoires aux Grandes Écoles et aux étudiants préparant des épreuves de philosophie ou de culture générale, l’ouvrage tente de faciliter l’approche de ce phénomène qui lie le moi et l’autre d’une façon spectaculaire et indocile.

Jean-Luc Nancy, penser la mutation (Actes de colloque « Mutations, autour de Jean-Luc Nancy », en codirection avec Jacob Rogozinski, Cahiers philosophiques de Strasbourg, octobre 2017.
Corps et décors – entre Orient et Occident , en codirection avec Dandan Jiang et Paolo Quintili, Paris, L’Harmattan, février 2019

La philosophie contemporaine et la phénoménologie du corps, en visant à rendre le corps plus multiple, plus habité par l’altérité y compris technique (Derrida, J.-L. Nancy), ont fait évoluer profondément le problème du lien entre âme et corps. Ces perspectives ont introduit dans le débat d’origine cartésienne des variantes liées à l’art, l’écriture et l’environnement. Orient et Occident se retrouvent ainsi confrontés à un corps aux multiples « décors », qui le spécifient, l’entourent, l’enrichissent.


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